Le Rayon Naturel
Apiculteur inspectant un cadre de ruche devant des arbres en fleurs
Compléments alimentaires

Propolis, c’est quoi ? Origine, formes et précautions

Par Armelle Boisdron · 7 novembre 2026

La propolis est une substance résineuse que l’abeille fabrique à partir de résines d’arbres, de cire et de ses propres sécrétions, pour colmater et assainir la ruche. Elle se vend en extraits, gélules, sprays et pastilles. Son activité antiseptique est démontrée en laboratoire, mais aucun bénéfice de santé n’est prouvé chez l’humain. Elle expose aux allergies, surtout en cas d’asthme ou d’allergie aux pollens.

La propolis est une matière résineuse brun verdâtre, collante, que les abeilles utilisent comme mortier et comme antiseptique dans la ruche. En pharmacie, on la croise en sirop, en spray pour la gorge ou en gélule. Son usage relève surtout de la tradition, et l’Anses recommande la prudence aux personnes allergiques.

Propolis, c’est quoi exactement ?

Le mot vient du grec ancien et signifie littéralement « devant la ville ». Les apiculteurs l’ont choisi parce que les abeilles s’en servent pour rétrécir l’entrée de la ruche et la défendre.

La propolis des abeilles est un complexe fabriqué par l’abeille européenne, Apis mellifera, à partir de résine végétale, de cire et de ses sécrétions. Longtemps, on a cru que l’abeille se contentait de récolter la résine sans la transformer. On sait aujourd’hui qu’elle la modifie avant de l’appliquer.

D’où vient la propolis : résines d’arbres et sécrétions d’abeilles

La matière première est une résine que produisent certains végétaux. Les principales essences sont les conifères comme les pins, sapins et épicéas, et les bourgeons de plusieurs arbres : aulnes, saules, bouleaux, pruniers, frênes, chênes, ormes, peupliers, qui semblent être la source la plus importante, et marronnier d’Inde.

L’ouvrière rapporte cette résine visqueuse dans les corbeilles de ses pattes arrière, comme le pollen. Les pelotes vont du jaune clair au vert brun. Elles ne sont pas stockées dans les alvéoles : les abeilles maçonnes les modifient avec leurs propres sécrétions, cire et salive surtout, et les appliquent aussitôt au besoin.

Abeille domestique en vol près de fleurs blanches, avec une pelote de pollen sur la patte arrière
Une abeille et sa pelote sur la patte arrière : la même corbeille transporte le pollen et la résine. Photo : Ivar Leidus, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Composition : ce que contient la propolis brute

La propolis recueillie dans la ruche se compose en moyenne de résines et de baumes pour la moitié, de cire pour un tiers, puis de petites parts d’huiles volatiles, de pollen et de matières diverses. Sa composition varie beaucoup d’une région et d’une période à l’autre, et plus de 300 composants différents y ont été identifiés.

Constituant Part de la propolis brute
Résines et baumes 50 à 55 %
Cire 30 à 40 %
Huiles volatiles ou essentielles 5 à 10 %
Pollen 5 %
Matières diverses 5 %
Composition moyenne de la propolis brute, d’après Wikipédia.

Cette présence de pollen explique en partie les précautions qui suivent. Elle contient aussi des acides organiques, de nombreux flavonoïdes, des oligo-éléments et des vitamines.

Repères chiffrés de la propolis : production par colonie, température de fusion, fragilité au froid, nombre de composants
Quelques repères chiffrés sur la propolis des abeilles.

À quoi sert-elle dans la ruche ?

La propolis est d’abord un matériau de construction. Elle colmate les fissures, assure l’étanchéité contre l’humidité et la moisissure, renforce les rayons défectueux et réduit l’entrée de la ruche contre les intrus.

C’est aussi un vernis aseptisant, posé en fine couche à l’intérieur des cellules avant la ponte de la reine. Elle sert enfin à momifier les petits animaux morts dans la ruche, que les abeilles ne peuvent pas évacuer, ce qui évite leur décomposition.

Propolis de grille ou de raclage : deux récoltes

Une colonie produit entre 100 et 300 grammes de propolis par an. La récolte est donc fastidieuse et la purification délicate.

La propolis de raclage vient du nettoyage des cadres. Elle contient souvent de la cire, du bois ou des morceaux d’insectes, et doit être épurée. La propolis de grille se récolte sur des grilles percées d’interstices, que l’abeille cherche à combler : l’abeille l’emploie surtout comme matériau de construction, et non comme protection anti-infectieuse.

La propolis fond à 64 °C et devient cassante sous 15 °C, d’où l’astuce de placer la grille au froid pour la détacher. Pour l’extraire de la cire, on la chauffe dans l’eau vers 70 °C : la cire remonte à la surface. On macère ensuite la propolis dans l’alcool, puis on filtre, ce qui donne une teinture-mère riche en flavonoïdes.

Sous quelles formes la trouve-t-on au rayon ?

Au comptoir, la propolis n’est presque jamais brute. Le Moniteur des pharmacies rappelle qu’elle se présente le plus souvent sous forme d’extrait liquide, de gélule ou de sirop, et qu’elle entre dans la composition de sprays buccaux et nasaux, de gommes et de pastilles pour la gorge.

Forme Présentation À vérifier sur la boîte
Extrait liquide Flacon, à diluer Mode de dilution, teneur en alcool
Gélule Complément alimentaire en capsule Limites d’âge, durée d’utilisation
Sirop Solution buvable Autres plantes associées
Spray buccal ou nasal Vaporisation dans la bouche ou le nez Précautions d’emploi, âge minimal
Gomme, pastille À sucer pour la gorge Présence de miel ou de pollen
Les formes de propolis courantes en officine et ce qu’il faut relire avant d’acheter.

Les extraits se consomment généralement dilués dans l’eau, un jus de fruit ou avec une cuillère de miel. Aucune posologie universelle n’existe : il faut suivre la notice du produit acheté.

Que dit la science de ses effets ?

La propolis est utilisée par tradition dans des affections bénignes, otorhinolaryngologiques ou dermatologiques, par voie orale ou locale. Les essais cités par la presse professionnelle concernent la cicatrisation des lésions de la muqueuse buccale, l’herpès génital, les infections génitales basses et les infections respiratoires.

Le jugement des sources médicales est plus réservé. Selon Vidal, cité par Wikipédia, aucune étude sérieuse sur l’efficacité de la propolis n’a été faite chez l’homme et son usage relève plutôt de la tradition. Son activité antiseptique est démontrée en laboratoire, sans preuve avérée de bénéfice pour la santé humaine.

Sur le plan réglementaire, aucune allégation de santé n’est retenue à ce jour pour la propolis, d’après un avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments adopté le 10 septembre 2010. Une étiquette qui promet de « renforcer les défenses » ou de « soigner » dépasse donc ce qu’on peut affirmer.

Allergie, asthme, pollen : les précautions de l’Anses

En juillet 2018, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a rappelé que des allergies sévères avaient été déclarées après la consommation de compléments contenant des produits de la ruche, comme la gelée royale et la propolis, et du pollen. Le pollen peut se trouver dans ces produits, et dans le miel, même quand l’étiquette ne le dit pas.

Sa recommandation est claire : les personnes allergiques aux pollens, et celles qui sont prédisposées aux allergies ou à l’asthme, doivent éviter ces compléments. Plus généralement, un complément peut contenir n’importe quel allergène, et quiconque a une allergie connue doit lire la composition.

L’agence ajoute trois conseils : signaler tout effet indésirable à un professionnel de santé, respecter les conditions d’emploi du fabricant et éviter de prendre des compléments de façon répétée, prolongée ou cumulée sans avis médical. Elle invite aussi à se méfier des allégations sans fondement et des produits vendus hors des circuits réglementés, surtout en ligne.

Lire l’étiquette avant d’acheter

Face au rayon, quelques repères évitent les mauvaises surprises. La mention d’une teneur en propolis, d’une origine et de précautions d’emploi est un bon début. Pour apprendre à décrypter une mention, les trois mentions clés d’une huile essentielle montrent la méthode.

La propolis rejoint le rayon des solutions naturelles pour la gorge, comme le tea tree contre les aphtes, avec les mêmes limites : un produit naturel n’est pas sans risque, et une gêne qui dure justifie de consulter.

Stradivarius et autres idées reçues

La rumeur selon laquelle Stradivarius vernissait ses violons à la propolis est très répandue, mais elle a été clairement contredite scientifiquement en 2009. La propolis a bien servi de vernis pour le bois, mais l’histoire du luthier relève de la légende.

Autre idée reçue : un produit naturel serait inoffensif. Wikipédia rappelle que la propolis peut provoquer des réactions allergiques ou d’autres réactions indésirables chez certaines personnes, ce que confirme l’Anses. Quand il s’agit de calmer un rhume, d’autres produits du rayon ont leurs propres cadres d’emploi, comme le tea tree pour un rhume ou le ravintsara.

Enfin, la propolis fait partie des substances que l’on retrouve dans les cosmétiques : savons, shampooings, rouges à lèvres, lotions, dentifrices, crèmes solaires. La gorge n’est donc pas son seul usage.

Questions fréquentes

La propolis, c’est un antibiotique naturel ?

Non. Son activité antiseptique est démontrée en laboratoire, mais aucune preuve de bénéfice de santé chez l’humain n’est avérée, selon Vidal. Elle ne remplace ni un antibiotique ni un avis médical.

La propolis est-elle la même chose que le miel ou la gelée royale ?

Non. Le miel et la gelée royale sont des produits de la ruche d’une autre nature. La propolis est une résine transformée, mélangée à de la cire. Les produits de la ruche peuvent toutefois contenir du pollen, ce qui explique les mêmes précautions pour les allergiques.

Qui doit éviter la propolis ?

L’Anses recommande aux personnes allergiques aux pollens, prédisposées aux allergies ou asthmatiques d’éviter les compléments contenant de la propolis. En cas d’allergie connue, il faut lire la composition de chaque produit.

Quelle est la bonne dose de propolis ?

Il n’existe pas de posologie universelle. Les extraits se consomment généralement dilués dans l’eau, un jus de fruit ou avec une cuillère de miel, et la notice du produit fait foi. Évitez les prises répétées ou prolongées sans avis médical.

Peut-on récolter soi-même la propolis ?

C’est le travail de l’apiculteur : il récupère la propolis de raclage ou de grille, puis la purifie. Une colonie n’en produit que 100 à 300 grammes par an.

Avant d’acheter, relisez la limite d’âge et les précautions d’emploi, puis vérifiez la présence de miel ou de pollen. Si vous êtes asthmatique ou allergique, parlez-en au pharmacien avant d’ouvrir la boîte. Une gêne de gorge qui dure plus de quelques jours mérite un avis médical plutôt qu’un produit de plus.

Source

Anses, Allergies aux pollens et compléments alimentaires : l’Anses rappelle les précautions à prendre, actualité du 25 juillet 2018, relevé le 7 novembre 2026.

Armelle Boisdron
Armelle Boisdron

Pharmacienne d'officine — la pharmacienne derrière le rayon.